Les applis de la cosmétique

Peut-être avez-vous déjà adopté le réflexe « scan » avant d’acheter un produit d’hygiène ou de beauté grâce à l’une des applications disponibles sur le marché ?

 

Comment celles-ci attribuent-elles leurs notes ? Ces systèmes de notation sont-ils vraiment fiables ? Peut-on faire confiance à ces applications ? Comment sélectionner des produits vraiment sains et naturels ? Pour vous, j’ai fait le point !

  

1/ La promesse des applications beauté

 

Comme pour les applis destinées à faire le bon choix alimentaire, les applis cosmétiques veulent nous aider à décrypter la composition de nos produits de beauté. Selon une enquête récente, plus d'un cosmétique sur deux serait constitué de composants potentiellement nocifs pour la santé humaine et environnementale.

 

Au vu des millions de téléchargement de Yuka, la méfiance face aux substances controversées et notamment vis-à-vis des perturbateurs endocriniens est bien présente aux yeux de la population.

  

2/ Les applis sur le marché

 

YUKA

Yuka s’est tout d’abord lancée en 2016 dans le domaine alimentaire. Désormais, 100 000 cosmétiques et produits d’hygiène ont rejoint sa base de données.

Cette base s’est étoffée via :

  • La contribution des utilisateurs, qui peut renseigner à travers l’application les noms des produits encore absents de Yuka.
  • Certaines marques qui acceptent de fournir les informations de leurs produits.

 

L'application attribue au produit scanné une note sur 100, accompagnée d'un code couleur : vert pour excellent et bon (de 50 à 100), orange pour médiocre (25 à 50 sur 100), rouge pour mauvais (en dessous de 25). Cette indication s'accompagne d'une présentation détaillée des qualités et défauts du produit. L'application propose parfois une alternative, plus ou moins convaincante.

Yuka revendique des observations « 100% indépendantes ». Son financement repose « sur leur programme Nutrition et les contributions des utilisateurs ». 

  

INCI BEAUTY

INCI Beauty a été développée par des étudiants et lancée en janvier 2018. L'application détaille les composants du produit scanné en s’appuyant sur la liste INCI (Nomenclature Internationale des Ingrédients Cosmétiques). Ce répertoire a pour but de normer les ingrédients présents dans un produit cosmétique.

Sur leur site, les fondateurs de l'application rappellent qu’en raison du secret de fabrication, aucune directive n’impose au fabricant d'indiquer la concentration de chaque ingrédient. Les substances dosées à plus de 1 % sont classées par ordre de concentration. En dessous de 1 %, le fabricant peut les faire apparaître dans l'ordre qu'il souhaite sur l’étiquette. 

 

Une signalétique colorée classe le cosmétique dans la catégorie « bien », « satisfaisant », « pas terrible » voire « controversé/à risque ». Pour chaque produit, il fournit le nombre de composants recensé dans chacune de ces catégories et une fiche décrit chaque ingrédient. Des alternatives « plus saines » sont proposées. 

Les produits référencés proviennent aussi bien des supermarchés que des pharmacies. Si l’article recherché est inexistant dans la base de données, les utilisateurs peuvent soumettre une photo du produit afin qu’il soit intégré à la liste « en cours d’analyse ».

  

QUELCOSMETIC

L'association UFC Que-Choisir revendique « un choix facile, rapide et éclairé de plusieurs milliers de cosmétiques » grâce à son application QuelCosmetic lancée en 2018.

Il suffit de scanner le produit désiré pour voir apparaître toutes les appréciations établies par leurs experts.

Les utilisateurs peuvent inscrire de nouvelles références cosmétiques dans la base de données (environ 99 000 références à risque et 24 000 sans risque).

 

L’appli classe ses utilisateurs en plusieurs catégories : bébés, femmes enceintes, adultes, enfants et adolescents. Pour les experts d’UFC, la toxicité potentielle des ingrédients peut varier selon les populations. Certaines substances sont à éviter pour tous, comme les perturbateurs endocriniens, et d’autres sont à éviter seulement chez les nourrissons. Ils seraient, toujours selon eux, « à priori inoffensifs pour les futures mamans, comme le phenoxyethanol ».

L’utilisateur peut choisir d’être alerté sur la présence d’allergènes de parfum. Les allergènes dont les réactions sont fréquentes, comme le paraphenylenediamin et la methylisothiazolinone sont signalés systématiquement.

 

Depuis que les parabènes ont été pointés du doigt, les laboratoires de cosmétiques les remplacent par la methylisothiazolinone qui s'avère en réalité très allergisant pour la peau. Par conséquent, une étiquette "sans parabène" ne garantit pas un produit sans danger.
 
L'absence de parabène est devenue un argument de vente. Mais chaque produit qui vante une formule « 0 % » est tout de même obligé de trouver un substitut. Les propriétés antibactériennes et antifongiques des parabènes ont été remplacées par la méthylisothiazolinone (MIT). Puissant biocide et conservateur, elle permet de lutter contre la prolifération des bactéries et des champignons. C'est une substance bon marché qui ne nécessite pas d'être présente en grande quantité pour être efficace. 
 
Des plaques rouges et des démangeaisons peuvent apparaître jusqu'à 72 heures après contact avec la méthylisothiazolinone. On parle alors d'eczéma de contact. Mais parfois, de fines particules qui subsistent dans l'air après l'utilisation d'un produit suffisent à déclencher la réaction allergique. Ces réactions peuvent apparaître subitement même si on utilise déjà le produit depuis longtemps.

 

L’évaluation du produit diffère selon la catégorie concernée. Une couleur allant du vert (aucun risque identifié à ce jour) au rouge (risque significatif) est accompagnée de lettres de A à D. Elle correspond à celle de l’ingrédient le plus nocif de tous ceux présents : une crème peut comporter dix composants sans danger, si le onzième est un perturbateur endocrinien avéré, la couleur rouge dominera.

 

L’application avise que le résultat ne concerne que la composition du produit et non sa qualité intrinsèque ou son efficacité. Ces critères ne peuvent être mesurés qu’en laboratoire à l’occasion des tests comparatifs publiés régulièrement. Par conséquent, le nombre de références concernées est sans commune mesure avec celles présentes dans l’appli.

 

PHARMAPOCKET

Cette appli cible un type de produits bien précis : les cosmétiques disponibles en vente libre dans les pharmacies.

Pharmapocket identifie la liste des ingrédients néfastes pour la santé à l’aide de pictogrammes colorés. Une note globale est attribuée à l’article, avec une signalétique claire : plus il est vert, plus le produit est sain. Dans le cas contraire, l’appli propose des cosmétiques alternatifs, mieux notés.

 

L’application a été créé par un diplômé de la Faculté de Pharmacie de Paris. Pendant deux ans, ce docteur en pharmacie a inventorié près de 5 500 cosmétiques et décrypté leur composition.

Pharmapocket ne couvre pas l’intégralité des produits vendus en pharmacie et sera inefficace dans les rayons d’un supermarché.

  

CLEAN BEAUTY

À la différence des applications précédentes, Clean Beauty vous propose de photographier la liste des ingrédients plutôt que de scanner le code barre.

 

Clean Beauty propose un glossaire des principaux ingrédients employés dans la formulation des cosmétiques. Des logos indiquent lesquels sont controversés, et un court texte résume pour quelles raisons. Les explications sont sourcées à l’aide d’une bibliographie scientifique.

  

3/ Quelle fiabilité pour ces applis ?

 

Les informations relayées selon les applis sont parfois contradictoires. On peut donc se poser la question quant à leur fiabilité. Sur quelles bases se fondent leurs évaluations ?

 

Julie Chapon, cofondatrice de Yuka  indique « se baser sur des sources scientifiques : l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), la TEDX list sur l'aspect cancérigène, les avis du Centre international de recherche sur le cancer (Circ) ».

« C’est vrai qu’il y a des différences entre applications. Par exemple, nous ne prenons pas en compte les sels d’aluminium dans la nôtre, car il n’y a pas de démonstration scientifique de sa dangerosité ». Autre politique chez Yuka, qui « applique le principe de précaution, quand il n’y a pas de consensus sur un composant, en fonction de ce qu’on a comme information, on le met en orange ou en jaune ».

 

Olivier Andrault, chargé de mission à l’UFC-Que Choisir précise que « l’application s’appuie exclusivement sur les études scientifiques de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), le comité scientifique pour la sécurité des consommateurs européens, le Circ ».

 

De son côté, l’industrie de la beauté s’inquiète de l’engouement des applis cosmétiques. C’est en effet autant de consommateurs qui peuvent se détourner de l’achat.

La FEBEA (Fédération des Entreprises de la Beauté se débat : « tous les produits cosmétiques mis sur le marché sont rigoureusement contrôlés et soumis à des autorisations d’utilisation strictes ». Elle clame qu’« il ne peut pas y avoir de perturbateurs endocriniens avérés dans un produit cosmétique, et que la réglementation européenne est la plus rigoureuse au monde ».

Et pourtant...

   

4/ Réflexe positif ou négatif ?

 

Pour le sociologue Stéphane Héas, ces applications « aident le consommateur à avoir un contre-pouvoir ». Dans un contexte économique où la transparence n'est pas de mise, « ces associations et applications peuvent jouer le rôle de vigilance, si ce n’est d’alerte ».

 

Sur INOFFENSIF, tous les produits ont été sélectionnés un à un via sa Charte d’exemplarité.

Ne soyez plus dérouté(e)s face au nombre incalculable d'offres mises sur le marché et devant la difficulté à analyser la véracité du système de notation des applications.

Accédez rapidement et efficacement à des produits artisanaux, naturels, avec une liste d’ingrédients minimaliste en vous connectant sur INOFFENSIF.  

Naviguez dans un univers sain et contribuez à booster la notoriété des fabricants éco-responsables !

 

Et vous, quels produits souhaiteriez-vous voir sur INOFFENSIF ?


Ajouter un commentaire