Pourquoi arrêter d’utiliser un gel hydroalcoolique ?

La propagation des germes par les mains

Bien pratique ce petit flacon que l’on transporte en ville ou en voyage pour une toilette express avant d’aller au restaurant, après avoir emprunté les sanitaires ou les transports en commun…

Rappelons-le, cette friction des mains est devenue habitude en 2009 lors de l’épidémie de grippe A (H1N1). Ce virus, différent de la grippe saisonnière, se propageait de manière tout à fait classique à vive allure. Les micro-organismes se transposent sur nos mains par la toux et l’éternuement. On les transmet ensuite d’une personne à une autre par les gestes de la vie quotidienne. Ils pénètrent dans notre corps lorsque nous portons les mains à notre bouche, les yeux ou le nez. Pour éviter cette contamination, il convenait de se désinfecter régulièrement les mains.

Ce gel apparaît comme la solution du 21e siècle pour combattre les maladies et les épidémies. Si elle est efficace à court terme, l’utilisation régulière et prolongée de cette solution hydroalcoolique est-elle inoffensive ?

  

Ses propriétés

Les principaux actifs de ce gel sont le triclosan et le triclocarban. Bactéricide, virucide et fongicide, cette formule réduit temporairement sur la peau le nombre de micro-organismes : les bienveillants, ceux qui nous protègent contre les maladies, et les nuisibles, ceux qui véhiculent potentiellement les infections.

A noter que le gel hydroalcoolique ne possède pas d’action nettoyante. Par conséquent, il ne nous débarrasse pas des bactéries sans vie.

  

Que lui reproche-t-on ?

Plusieurs centaines de chercheurs internationaux ont soulevé les dangers potentiels sur la santé du triclosan et du triclocarban. Ils sont soupçonnés de perturber le système endocrinien, de déclencher le cancer du sein, d’endommager les spermatozoïdes, le foie et les muscles et de provoquer des résistances aux antibiotiques. Aux États-Unis, ces composés sont interdits depuis 2016.

Par ailleurs, après application du gel hydroalcoolique, le taux d’absorption du Bisphénol A (BPA) par la peau est multiplié par deux au contact des matières contenant du BPA. Par exemple en s’essuyant avec une serviette en papier ou en tenant un gobelet. Reconnu perturbateur endocrinien, le BPA a été interdit en 2015 dans les matériaux en liaison avec les denrées alimentaires. Cependant, il se glisse encore dans de nombreux plastiques et tickets de caisse, bien que plusieurs grandes enseignes l’aient éliminé.

L’éthanol (alcool) contenu dans le gel hydroalcoolique dessèche les mains, augmente le risque d’allergie et ses vapeurs irritent le système respiratoire.

 

Quelles alternatives ?

L’alternative la plus efficace est de se laver les mains de la manière la plus traditionnelle qui soit : se savonner à l’eau et au savon en insistant entre les espaces interdigitaux et les poignets. L’utilisation régulière d’une brosse permet de retirer les germes sous les ongles. Bien rincer et se sécher soigneusement.

Les savons antibactériens ne sont pas plus efficaces que les savons ordinaires. Il n’y a aucune différence significative entre les effets bactéricides d’un savon classique et ceux d’un savon antibactérien dans la vie quotidienne. Le choix d’un savon doux et naturel est donc à privilégier.

 

Et si on ne peut pas se laver les mains ?

La bonne fréquence est de se laver les mains avant chaque repas, à la sortie des toilettes et plus régulièrement si on est malade. Si nous n’avons pas à disposition le nécessaire pour un lavage des mains, on évite surtout de se toucher le visage. Une fois rentré à la maison, le premier geste à effectuer sera celui-ci. Ce réflexe est d’ailleurs à adopter pour éviter d’introduire les germes venant de l’extérieur dans son habitat. On n’hésite pas non plus à nettoyer son téléphone si on a dû l’utiliser entre temps.

On réserve donc le gel hydroalcoolique pour des occasions exceptionnelles. On laisse son utilisation aux hôpitaux pour diminuer le risque des infections nosocomiales, c’est-à-dire les infections contractées en milieu hospitalier.

 

L’hygiène est l’un des piliers de la santé publique. Cependant, se laver les mains d’une manière trop récurrente peut entraîner une sécheresse cutanée en détruisant le film hydrolipidique et son propre microbiote cutané. Cette flore microbienne naturelle joue un rôle majeur pour notre défense immunitaire. La respecter est essentielle.

 

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